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lundi, décembre 5, 2022

7 février, une date symbolique mais aussi mythique en Haïti et qui des fois fait peur



Les grands savants disent que le chiffre 7 est signe de la perfection. Pourtant, en Haïti, surtout sur le plan politique, elle reste une date événementielle souvent sans trop grandes qualités. Elle a laissé sa trace depuis avant la constitution de 1987 et continue de faire parler d’elle.

À ce fait, voyons ces deux échantillons de notre histoire.
Avant l’occupation d’Oncle Sam soi le 7 février 1914, cette date marqua l’arrivée à la capitale d’Emmanuel Oreste Zamor à la tête de son armée. Puis, il a été proclamé, le 8 février 1914 chef du pouvoir exécutif par les généraux de son armée dite révolutionnaire, il fit une entrée très remarquée à Port-au-Prince. Puis, le lendemain, l’Assemblée fit de lui le président de la République d’Haiti pour une période de sept ans. Mais son gouvernement dura seulement 8 mois et 19 jours.

Aussi, le 7 février 1957, Franck Sylvain a été nommé président provisoire d’Haiti. “ Après une attente angoissée de cinq jours, le corps législatif réuni en Assemblée nationale finit par élire Me. Frank Sylvain, président provisoire d’Haiti. La population de Port-au-Prince acclame le nouveau président.” écrit Armand Pierre dans le livre “L’armée et les événements de 1957, p. 51”. Cependant, il a été forcé de démissionner le 2 avril suivant et a été remplacé par un Conseil de 15 membres nommé « Conseil Exécutif de Gouvernement ».

L’histoire récente

Après environ 29 ans de dictature, père et fils, le 7 février 1986 marqua la chute du régime duvalieriste, précisement, Jean-Claude Duvalier qui était président à l’époque en remplacement de son père, François Duvalier, Papa Doc, mort le 21 avril 1971.

“Désirant entrer dans l’histoire la tête haute, la conscience tranquille, j’ai décidé de passer le destin de la nation, le pouvoir aux Forces Armées d’Haïti.”A déclaré Jean-Claude dans sa note d’adieu avant de partir pour la France. Chute suivie de pillages et d’autres événements qu’on connait tous.

Quelques temps après, le 7 février est devenue la date fixée par la Constitution de 1987 pour l’investiture des présidents élus. À ce jour, Haiti a connu 5 investitures en cette date: François Leslie Manigat en 1988, Jean Bertrand Aristide élu et investi deux fois, 1991 et 2001, René Garcia Préval, en 1996, Jovenel Moise en 2017.

Les événements se suivent. Les gouvernements continuent de se trébucher. Commencement du bicentenaire de l’indépendance, le 7 février 2004, dans la capitale se réunissait la manifestation de soutien au président Aristide de plusieurs dizaines de milliers de personnes. 10 février, l’opposition politique et la « société civile » regroupées au sein de la plate forme démocratique prennent leurs distances vis-à-vis de l’insurrection armée.

En dehors du pays, le Français, M. Christian Poncelet, président du Sénat, a prononcé un message pour le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, au Sénat le 7 février 2004.

Toutefois, le 29 février 2004, Jean Bertrand Aristide est contraint de quitter le pays à bord d’un avion américain escorté par le personnel de sécurité de l’armée américaine. À la suite de cela, des forces militaires américaines puis françaises et internationales prennent le contrôle du pays dans le cadre de la mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti( MINUSTAH). Puis, l’économiste libéral et ancien employé de l’ONU domicilié aux Etats-Unis Gérard Latortue accède à la présidence le 12 mars 2004 en remplacement de Jean-Bertrand Aristide.

Depuis lors, on dirait que les faits ne font que se reproduire. Le 7 février 2019 devrait être un jour de fête pour deux raisons.
Premièrement c’est un jour qui marque le début de la transition démocratique en Haïti avec le départ du dictateur Jean Claude Duvalier.
C’était aussi le jour de la prise de fonction de l’ex-président Jovenel Moïse, qui marque ses deux ans. Ni l’un ni l’autre n’a été commémoré. C’était plutôt un jour de protestation où les pneus enflammés et les barricades érigés dans tous les coins à travers le pays.

Encore, le 7 février 2021, on s’était réveillé avec l’histoire d’une prétendue tentative de coup d’état. Le gouvernement avait annoncé avoir déjoué un projet de coup d’état et une tentative d’assassinat contre la personne du président Jovenel Moïse, impliquant ainsi plusieurs personnalités dont un juge à la Cour de Cassation et une inspectrice de police.

Une annonce surprenante, le même jour le présent s’était rendu au carnaval de Jacmel. À l’époque l’opposition réclamait depuis quelques temps le départ du président dont, disait-elle, le mandat expirait le 7 février 2021. Le gouvernement quant à lui affirmait que le mandat du chef de l’État expirera l’année suivante en cette date.

Palais National avant 12 janvier 2010/ photo internet



Notons que 23 personnes furent arrêtées par la suite dans affaire et trois juges de la cour de Cassation ont été mis à la retraite en l’occurrence, Yvickel Dieujuste Dabrézil, Wendelle Coq Thélot et Joseph Mécène Jean Louis

Le 7 février 2022, le suspens est plutôt grand. Le premier ministre Ariel Henry ne compte pas plier bagages. Un président et un premier ministre a été élu et devraient être installés en cette date. Le 1/3 du Sénat, pour sa part, attend l’écharpe présidentielle des mains du Secrétaire Général du Palais National pour être transmise au MUPANAH.

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