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vendredi, juillet 1, 2022

Déjà un an de Martyr Sang à Martissant sous le regard aveuglé des responsables

Déjà un an de Martyr Sang à Martissant sous le regard aveuglé des responsables

L’insécurité était toujours dans les coulisses. Cependant, depuis le 1er juin 2021, Martissant est devenu, l’icône du fameux slogan « sourit pa travèse lari ». À l’entrée Sud de la Capitale, tous les crimes sont autorisés : assassinat, viol, enlèvement, vol…

À coup sûr, les autorités de l’État ne sont pas informées de la situation. Sinon, ce 1er juin ne pourrait pas marquer la première année de la création d’une frontière entre le Grand Sud et le reste du pays suites aux conflits déclenchés par les trois groupes armés de Village-de-Dieu (Izo et Manno), de Grand-Ravine (Ti Lapli et Bougòy) et de TiBwa (Krisla).

Environ 5 départements d’un pays en mal de fonctionnement sont bloqués pendant un an et rien n’est dit sur une quelconque solution. La population livre seule face aux mépris des dirigeants d’un pays qui a un Premier ministre à sa tête accompagné d’un ministre de la Justice, de l’intérieur, de la défense… Ce serait nettement impossible de dire que tout cela n’a pas de graves conséquences.

Méfaits économiques

Cet état de choses contribue à accroître la misère de la population, pas besoin de microscope pour vérifier. Les paysans se trouvent presque dans l’impossibilité de transporter leurs récoltes jusqu’à la capitale. Du coup, ce secteur se voit à la baisse considérable. Les produits locaux (bananes, ignames, patates, pois…) se vendent au prix de l’or dans les rares marchés qu’on peut les trouver et l’achat dans les supermarchés pour les petites bourses est de chose ancienne.

Les retombées sont vice-versa. La livraison vers les villes de province est en proie à de nombreuses difficultés. Certains chauffeurs n’acceptent pas d’emprunter la route de Martissant pour livrer des marchandises ; leur vie n’a pas de prix. Ceux qui risquent de le faire demandent un tarif très élevé. Pour pallier à tout cela, plusieurs des grands commerçants utilisent la mer (le cabotage).

Pour un camion de marchandises qui coûtait 200 à 500 dollars américains, le montant augmente de 700 jusqu’à 1 200. Qui pis est, la population du Grand Sud sinistrée depuis le séisme doit payer les frais. On peut en déduire que l’entrepreneur gagnera de toute manière l’argent dépensé pour transporter sa marchandise jusqu’à eux.

Et la voie aérienne ?

À la fin du mois de mars, plusieurs milliers de membres de la population Cayenne ont manifesté contre l’insécurité, le kidnapping et le blocage de Matissant par les gangs armés. Ces manifestants ont aussi protesté contre la montée croissante des prix des billets d’avion (prix varié de 100 dollars US à 240).

À rappeler que, selon le bilan communiqué par le porte-parole de la PNH dans le Sud, Pierre Yves Lesage, une personne a été tuée et 7 autres dont 4 policiers sont sorties blessées suites au dernier mouvement de protestation.

Par ailleurs, 4 véhicules de la PNH auraient aussi subi des dommages et plusieurs individus non identifiés ont fait irruption sur la piste de l’aéroport Antoine Simon pour vandaliser et bruler un petit avion « Piper Navajo Chieftain » de 8 places, immatriculé N600AB, appartenant au groupe américain « Agape Flights » basé à Venice (Floride) qui transporte chaque semaine du fret, du courrier et de l’aide humanitaire aux familles missionnaires à travers Haïti depuis plus de 40 ans.

“ Je condamne, énergiquement, les violences de manifestants ayant abouti à l’incendie d’un avion, à l’aéroport des Cayes. J’ai instruit les pouvoirs publics de mettre l’action publique en mouvement contre les auteurs de ces actes subversifs afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés”, avait tweeté le Premier ministre Ariel Henry après l’incident sans toucher les revendications des protestataires. Est-ce volontaire ou un signe de laxisme ? En tout cas, il a parlé.

Le sang coule à Martissant

Ce n’est du tout pas un an de douceur pour les gens qui fréquentent désespérément la route en dépit de tout. Jusqu’à date, il n y a pas eu une enquête révélant le nombre de chrétien vivant gaspillé par les malfrats au « VAR ».

Une chose est sûre pendant ces 12 mois presque chaque jour des filles et des fils du pays tombent faute d’oser de traverser un espace occupé par des caïds sous le silence complice des autorités en place. Avez-vous déjà imaginé quelle longueur sera cette liste ? Les familles, obtiendraient-elles justice un jour ?

Dans cette liste qui pourrait être longue comme le retentissement des cris de détresse des proches en souffrance, on ne peut pas oublier Silain Moïse. C’est le nom d’un policier qui s’est suicidé lors d’une attaque contre un autobus à Martissant par des hommes armés, le vendredi 25 février écoulé. En effet, les bandits ont détourné l’autobus et l’ont conduit sur un terrain abandonné à Martissant. Ils ont dépouillé les passagers. Le policier Silain Moïse, qui était à bord du véhicule, a tenté de repousser les malfrats. Impuissant, le policier s’est donné la mort avec le dernier projectile qui restait dans son pistolet après avoir appelé sa femme pour lui dire qu’il ne rentrera pas et ceci à jamais. Inerte, ces seigneurs, qui règnent en seul chef, l’ont quand même criblé de balles par la suite.

Aussi, comment oublier cette jeune femme, Medjine Dupuy ?

Medjine Dupuy

Âgée de 31 ans, elle a été tuée par balle à Martissant, lors d’une attaque contre un autobus le 27 décembre dernier. Elle était membre de l’Église Morija de Carrefour. Son seul péché était d’emprunter le couloir de la mort engendré par ces individus garnis de toute sorte d’artillerie sans jamais voyager. Viennent-elles du ciel ces armes de hauts calibres ?

Route de Tikajou/ crédit vidéo:RSF

De St-Jude à Tara’s, une grande partie des gens habitant la zone Sud de la capitale utilisent des voies parallèles à Martissant afin de se rendre dans leurs activités. Toutefois, ils sont confrontés à l’insécurité routière à cause des routes non construites et en mauvais état. En plus, la course en taxi-moto leur coûte extrêmement cher. Un véritable calvaire.

Il faut souligner que ceci n’arrête pas là, la route Nationale numéro 1 est également aujourd’hui le théâtre d’affrontements entre gangs armés au niveau de Canaan. Pour plus d’un, un nouveau VAR est au point de l’accouchement dans la commune de Croix-des-Bouquets.

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