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dimanche, août 14, 2022

Un an après, rendre justice à Jovenel Moïse est-il encore possible ?

Un an après, rendre justice à Jovenel Moïse est-il encore possible ?

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, un coup de tonnerre à Port-au-Prince allait réveiller toute une population. L’assassinat crapuleux du président Jovenel Moïse dans sa résidence privée à Pèlerin 5 par un commando composé d’étrangers et d’Haïtiano-américains. Un an après, la justice haïtienne est en mode simulacre, l’enquête semble moribonde et les auteurs intellectuels du crime sont en mode masquage.

Désignation de (3) trois juges en (7) sept mois

Alors que le 9 août 2021, soit un mois après le meurtre, Mathieu Chanlatte un premier juge allait être désigné parmi une trentaine affectée au tribunal de première instance de Port-au-Prince, pour instruire le dossier. Alors que son greffier Ernst LAFORTUNE a été assassiné dans la soirée du 11 août 2021. Et ce, après une vive discussion avec le juge instructeur selon une note de l’Association nationale des greffiers haïtiens (Anagh), rendue publique le 12 août 2021.

Invoquant le manque de moyens à sa disposition, le magistrat Chanlatte s’est déporté dudit dossier. Un premier coup créant le doute sur la lumière de ce crime crapuleux.

Il faut en désigner un autre pouvant instruire le dossier. Le 23 du même mois le doyen Me Bernard Saint Vil a donné à Garry Orélien la sensible tâche. Six (6) mois après soit le 22 janvier 2022, le juge Garry Orélien s’est déporté du dossier.

Ce dernier a été dézingué et accusé de corruption par le Réseau National de défense des droits humains (RNDDH) dans le deuxième rapport publié le 6 janvier sur l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Le RNDDH, fait croire que «Le 9 décembre 2021, Élysée Cadet, le greffier du juge s’est présenté à l’entreprise comme étant l’émissaire du magistrat Garry Orélien qui a promis de faire annuler le mandat d’amener et l’interdiction de départ émis à l’encontre de Oly Damus (propriétaire au RJ Rent a car qui avait loué à Joseph Felix Badio quatre véhicules ayant contribué dans l’organisation de l’assassinat), si ce dernier consentait à transférer un véhicule au nom du greffier ».

Cela ne s’arrêtait pas là. Le 18 janvier 2022, le RNDDH a adressé une correspondance au Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) pour demander l’ouverture d’une enquête sur le comportement du magistrat Orélien. Il a détourné des mandats d’amener émis par le parquet à des fins personnelles. Il a été accusé d’encaisser des pots-de-vin.

L’institution des droits humains a indiqué que «Garry Orélien rentre en contact avec les concernés. Il leur a exigé jusqu’à cinquante mille (50 000) dollars américains pour l’annulation de ces mandats. Concernant l’audition de l’ancien directeur général en chef de la PNH, M. Léon Charles aurait versé deux millions (2000 000) de gourdes au magistrat. Relativement, à ce dossier, un suspect qui était concerné par une interdiction de départ aurait aussi versé un autre 2 000 000 de gourdes».

Un troisième juge a pris le dossier le 4 février 2022. Son nom est Chavannes Étienne. Sans trop tarder, le magistrat Étienne s’est déporté illico de l’affaire pour des raisons, dit-il, de convenance personnelle.

“Seul le juge sait ce que veut dire la convenance personnelle…”, ajoute un juge sous le couvert de l’anonymat au quotidien Le Nouvelliste.

En effet, en 7 mois d’assassinat du feu chef de l’État, trois (3) juges ont béni ou puni de leurs mains le dossier. Qu’est qui a été fait ?

Pendant qu’on observe la lenteur de l’enquête, le cambriolage est à répétition au tribunal. Ceci est coutume chez nous. Comme le répète, le commissaire du gouvernement Jacques Lafontant, au micro de Passion Info Plus ” tout ce qu’on dit de trop est fade et rebutant”,en avouant avoir perdu le contrôle du Palais de justice

Vers d’autres choix pour instruire le dossier

Le doyen Bernard Saint-Vil veut poursuivre toujours son tâtonnement. Le vendredi 4 mars 2022, il a désigné le juge Merlan Belabre pour être en charge de l’affaire qui ne cesse de passer de main en main. Pour des raisons de sécurité de lui et de sa famille, le magistrat Belabre s’est débarrassé du dossier le 25 avril 2022.

Le 30 mai 2022, l’affaire a été confiée au magistrat instructeur Walter Wesser Voltaire qui a confié au journal Le Nouvelliste le 4 juillet avoir commencé à travailler. Qu’il commence à faire des auditions. Mais où ? Dans un endroit approprié.

Puis que depuis le 10 juin dernier, les individus armés ont substitué les juges, entre autres, à la plus grande juridiction du pays. Et, personne jusqu’à date ne peut s’y rendre. Peut-on espérer à un possible retour au travail des juges, des grefiers…au Tribunal ? En-tout-cas, l’espace est siégé par des malfrats. Ces derniers, a fait savoir Ainé Martin, à Le Nouvelliste” ont emporté les coffres-forts et les véhicules qui se trouvaient dans la cour”. […] Les bandits ont installé des caméras de surveillance dans les parages et font voler quotidiennement des drones au-dessus du bâtiment”. Confie-t-il.

Aujourd’hui, on est 7 juillet 2022, la famille Moïse tient toujours son bâton de pèlerin et continue de quémander justice pour le défunt. Alors que notre pays système judiciaire est plongé dans une crise aiguë. Et face à cette affaire de magnicide, elles est de mal en pire. L’un des suspects clés, Samir Nasri Handal, arrêté en novembre dernier à l’aéroport d’Istanbul a été libéré par un tribunal turc après avoir rejeté les demandes d’extradition dont avait été fait l’État haïtien.

Rodolphe Jaar, un autre suspect dans le meurtre, arrêté le 7 janvier 2022 en république Dominicaine a plaidé non- coupable devant un tribunal fédéral de Miami lors d’une audience qui a duré moins de 5 minutes, rapporte le journal dominicain Listin Diario.

Le mardi 28 juin 2022, le porte-parole de la PNH Gary Dérosiers a informé que 33 policiers ont été révoqués, trois autres mis en disponibilité outre plus d’une dizaine, informe IGPNH, est recherchée par l’Interpol, pour leur implication présumée dans l’assassinat de “Nèg bannann nan”.

Par ailleurs, au pénitencier national, plus d’une quarantaine de personnes dont des policiers, outre les 18 anciens militaires colombiens sont incarcérés. Et jusqu’à date, aucune condamnation n’a été prononcée à leur encontre. Et nul ne sait quand en aura lieu?

La justice américaine se montre préoccupée par le crime crapuleux. Elle se montre seule aussi capable à faire avancer l’enquête. Des personnes impliquées présumément dont John Joël joseph dans l’assassinat de l’ancien locataire du Palais National sont en train de répondre aux questions. Mais que peut-on attendre de cette entraide judiciaire ? Attendons- nous à un autre 7 juillet qui marquera le deuxième anniversaire de la mort de Jovenel Moïse sans pouvoir mener l’enquête à terme? Suivons !

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